• Lion

    Lion

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    Lion
     Panthera leo
    Panthera leo
    Classification classique
    Règne Animalia
    Embranchement Chordata
    Sous-embr. Vertebrata
    Classe Mammalia
    Sous-classe Theria
    Infra-classe Eutheria
    Ordre Carnivora
    Sous-ordre Feliformia
    Famille Felidae
    Sous-famille Pantherinae
    Genre Panthera
    Nom binominal
    Panthera leo
    (Linnaeus, 1758)
    Sous-espèces de rang inférieur
    • Panthera leo atrox
    • Panthera leo azandica
    • Panthera leo bleyenberghi
    • Panthera leo europaea
    • Panthera leo fossilis
    • Panthera leo hollisteri
    • Panthera leo krugeri
    • Panthera leo leo
    • Panthera leo maculatus
    • Panthera leo massaicus
    • Panthera leo melanochaita
    • Panthera leo nubica
    • Panthera leo persica
    • Panthera leo senegalensis
    • Panthera leo sinhaleyus
    • Panthera leo someliensis
    • Panthera leo spelaea
    • Panthera leo vereshchagini
    • Panthera leo verneyi
    Répartition géographique
    Statut de conservation IUCN :

    VU A2abcd : Vulnérable
    Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

    Statut CITES : Annexe II ,
    Révision du 04-02-1977
    Panthera leo

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    Le lion (Panthera leo) est un mammifère carnivore de la famille des félidés (Felidae) du genre Panthera (félins). Le mâle adulte, aisément reconnaissable à son importante crinière, peut atteindre une masse de 250 kg, tandis que la femelle adulte, plus petite, atteint généralement 150 kg[1], ce qui en fait le deuxième plus gros félin après le tigre. Un mâle adulte se nourrit de 7 kg de viande chaque jour contre 5 kg chez la femelle. Il vit, contrairement aux autres félins, en groupe. Son espérance de vie, à l'état sauvage, est comprise entre 7 et 12 ans pour le mâle et 14 à 20 ans pour la femelle, mais il dépasse fréquemment les 30 ans en captivité.

    La femelle du lion est la lionne, c'est elle qui va chasser pendant que le mâle se repose, son petit est le lionceau. Le lion rugit. Il n'existe à l'état sauvage actuellement plus que 16 500 à 30 000 spécimens dans la savane africaine, répartis en une dizaine de sous-espèces[2] et environ 300 au Gir Forest National Park au Nord-Ouest de l'Inde.

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    Physiologie [modifier]

    Lion mâle adulte
    Lion au pelage clair

    Le lion est le deuxième plus grand félidé, après le tigre, et ainsi le plus grand carnivore d'Afrique. Un mâle fait 170 à 250 centimètres de long (hors queue), une taille (à l'épaule) d'environ 120 centimètres et une queue d'en moyenne 100 centimètres. Les mâles atteignent une masse corporelle comprise entre 180 et 250 kilogrammes à l'âge adulte. Les femelles adultes ont, quant à elles, une longueur corporelle de 140 à 175 centimètres (hors queue), une taille (au garot) d'environ 100 centimètres, une queue mesurant 85 centimètres, plus fine que celle des mâles et pèsent entre 120 et 170 kilogrammes : elles font en moyenne 60% de la taille d'un mâle. En moyenne les lions ont une taille (à l'épaule) plus importante que celle des tigres, mais sont moins longs. Les plus grands lions vivent au sud de l'Afrique, les plus petits en Asie. Dans les zoos et cirques, certains mâles captifs peuvent atteindre, par une nourriture importante, une masse supérieure à 300 kilogrammes (le record du monde détenu par un lion du Transvaal est 312 kg[4]). Les lions du parc national du Serengeti en Tanzanie ont tendance à être plus petits que la moyenne[5].

    Les lions ont des yeux ambre ou jaunes et une truffe noire. Leurs oreilles, noires au revers, sont arrondies et portent une tache blanche. Ils possèdent des griffes rétractiles qui sont protégées par des fourreaux de chair. Leurs canines peuvent atteindre six centimètres de long. Leur langue est recouverte de papilles cornées recourbées leur permettant de saisir la nourriture, mais aussi de se débarrasser des parasites.

    Leur pelage court est de couleur sable, jaune-or voire ocre foncé. La face intérieure des pattes est toujours plus claire, tout comme le ventre, chamoisé chez le mâle, presque blanc chez la femelle. Les jeunes lionceaux ont des taches sombres sur l'ensemble du corps, mais qui disparaissent déjà au cours de la première année. Dans des cas très rares, ces taches restent encore visibles à l'âge adulte, mais demeurent insignifiantes, n'étant visibles que de près.

     

    Crinière [modifier]

    Les mâles possèdent une longue crinière, le plus souvent brun foncé, mais également dans certains cas, noire, brun clair ou fauve. Certaines sous-espèces, comme les lions du parc national du Tsavo, sont dépourvus de crinières. Cette crinière apparaît vers l'âge de 3 ans et s'étend des joues jusqu'au-dessus des épaules, quelquefois aussi sur le ventre et sur la poitrine. La forme et la couleur des mâles peuvent varier non seulement entre les individus, mais également chez un même individu au cours de sa vie en fonction de sa constitution physique.

    Une crinière longue et foncée, en particulier, est un indicateur d'une bonne constitution et d'une grande force de combat, car le statut hormonal et la nutrition ont des conséquences sur l'épaisseur ainsi que sur la longueur de la crinière[6]. Des examens expérimentaux avec des crinières empaillées ont montré que les femelles réagissent positivement aux modèles avec une crinière longue et sombre, alors que les mâles évitent les modèles aux crinières prononcées. L'explication (d'après la sélection sexuelle) en est qu'une crinière foncée et épaisse constitue un handicap, car elle capte et conserve la chaleur. Les mâles ainsi handicapés, mais néanmoins « survivants », se révèlent donc être les porteurs de meilleurs gènes. Cela est avéré par le fait qu'un animal affaibli d'une manière ou d'une autre présente une crinière plus claire et moins importante (des changements d'aspect de la crinière ont été observés chez un même individu au cours du temps)[7].

    En pratique, la crinière pourrait être une protection contre les coups de griffes lors de combats avec des mâles rivaux.

    Image thermographique d'un lion

    Par ailleurs, les dernières recherches ont également prouvé que la température a aussi un effet important sur la longueur de la crinière, et les mâles de régions plus froides, même indépendamment de leur sous-espèce, forment une crinière plus importante que ceux vivant dans des régions très chaudes. Ainsi les individus mâles des zoos de régions au climat plus continental forment le plus souvent une crinière bien plus importante que celle de leurs congénères restés dans des pays plus chauds[7],[8].

    Chez les lions d'Asie, ainsi que certains spécimens d'Afrique de l'Ouest (au parc de la Pendjari au Bénin, par exemple), la crinière est clairement moins prononcée que chez leurs cousins d'Afrique, les poils ont la particularité d'être également plus fins. Les jeunes mâles n'en ont pas du tout ; il faut près de cinq ans pour qu'ils aient une crinière complète.

     

    Musculature [modifier]

    Les lions ont une musculature imposante et très développée. Leur corps est allongé et trapu sur d'épaisses pattes musclées. Celles-ci permettent de mettre à terre des proies pouvant faire plusieurs fois leur propre taille. Leur mâchoire puissante est capable de déchirer l'épaisse peau des proies (telles que les gnous), et est assez puissante pour tenir accrochée sur une proie qui chercherait à faire tomber le prédateur de son dos. Les muscles des pattes sont également capables d'infliger de sérieux dommages. Un grand coup de patte d'un lion est assez puissant pour provoquer la rupture des organes internes et même pour casser des os[5].

     

    Moustaches [modifier]

    Tout comme les autres félins, le lion a de nombreuses moustaches épaisses, également connues sous le nom de vibrisses. Ces longs poils sensibles aux vibrations aident le lion à se diriger dans l'obscurité, ou quand son champ visuel est obstrué. La majeure partie de sa chasse se déroulant la nuit, ils l'aident presque à « sentir » son chemin dans l'obscurité, le nez vers le ciel, et ressentant le sol dans l'obscurité la plus totale. Les plus longues moustaches sont sur sa lèvre supérieure ; ce sont les vibrisses mystaciales. Les moustaches au-dessus des yeux sont appelées les vibrisses superciliaires. Il y a également des vibrisses sur l'une ou l'autre joue, appelées les vibrisses géniales. Les vibrisses peuvent se développer non seulement sur le visage, mais aussi bien sur le dos des pattes : ces dernières sont appelées poils de carpelle et sont utilisées pour ressentir des vibrations terrestres[5].

    Il est possible d'identifier les lions en dénombrant les points noirs qui mouchettent leur peau au-dessus de leurs babines, à la base des poils de leurs moustaches.

     

    Particularité anatomique [modifier]

     v · d · m  Formule dentaire
    mâchoire supérieure
    1 3 1 3 3 1 3 1
    1 2 1 3 3 1 2 1
    mâchoire inférieure
    Total: 30
    Denture commune aux Felidae


    Le plus étonnant chez les lions est leur queue se terminant par un pinceau de poils noirs ; non seulement cette dernière est indispensable contre les mouches, mais à l'extrémité se trouve une vertèbre non développée, découverte par Didyme d'Alexandrie. Ce dernier trouva à l'extrémité de la queue, caché au milieu des poils, un ergot corné noirâtre, et il supposa que c'était là l'organe qui, lorsque le lion, au moment du danger, agitait violemment sa queue, lui piquait les flancs à la manière d'un éperon et l'excitait à se jeter sur ses ennemis. L'observation du savant commentateur passa presque inaperçue, et soit que les naturalistes modernes n'en eussent pas connaissance, soit qu'ils la révoquassent en doute, aucun d'eux n'en parla jusqu'à Johann Friedrich Blumenbach, qui confirma l'exactitude du fait anatomique rapporté par Didyme, mais sans adopter l'opinion de celui-ci relative aux usages de cette partie.

    Tout à l'extrémité de la queue du lion, l'ergot noirâtre de consistance cornée, de 8 à 11 mm de longueur, est entouré à sa base par un repli annulaire de la peau et adhère fermement à un follicule unique d'apparence glanduleuse ; la couleur est celle de la corne, devenant d'ailleurs de plus en plus obscure, jusqu'à l'extrémité qui est presque noire. Il est comprimé latéralement dans toute son étendue ; droit depuis la pointe jusqu'au tiers de sa longueur, il se coude légèrement en ce point, qui est marqué par une faible dépression ; à partir de cette courbure, il s'élargit rapidement jusqu'à sa base. Ces parties, si petites, et la pointe cornée sont littéralement ensevelies au milieu de la touffe terminale de la queue. Gérard Paul Deshayes, en 1829, décrit cette partie comme une sorte d'ongle ou de production cornée ayant la forme d'un cône un peu recourbé vers la pointe, adhérant par sa base à la peau seulement, et non à la dernière vertèbre caudale, dont il est séparé de 4 à 6 mm. Cet ergot peut être assez facilement détaché, l'adhérence n'est pas bien forte et il reste mou à sa base dans toute la partie qui adhérait à la peau. Il manque fréquemment sur les spécimens ; la présence de cet organe semble cependant indépendante de l'âge ainsi que du sexe[9].

     

    Cas des lions blancs [modifier]

    Icône de détail Article détaillé : Lion blanc.
    Lion blanc

    Comme chez les tigres (voir tigre blanc royal), il existe chez les lions des cas occasionnels de leucistisme (chinchilla mutation) ; moins d'une centaine de spécimens[10] dans le monde possèdent cette particularité génétique due à un gène récessif, qui donne une couleur blonde, crème voire blanche au pelage. Le leucistisme est différent de l’albinisme, et ne pose aucun problème direct sur la physiologie de l'animal (des conséquences indirectes, comme d'être plus visible dans la nature, donc plus vulnérable, existent cependant). Les yeux conservent leurs pigments et restent le plus souvent de couleur normale (noisette ou or), mais peuvent également être bleu-gris ou vert-gris ; par une nourriture sélective, on peut même leur donner les yeux bleus. Les lèvres et les coussinets restent également normalement pigmentés.

    Chez le mâle leucistique, la crinière ainsi que l'extrémité de la queue, normalement sombres voire noires, sont très pâles. Les spécimens les plus connus sont sans doute les lions blancs de Timbavati en Afrique du Sud, où deux lions blancs sont nés d'une lionne et d'un lion de couleur fauve dans une réserve naturelle privée[11]. Chris McBride a été le premier à les observer en octobre 1975 et a écrit deux livres sur le sujet[12],[13]. Selon les croyances africaines, « croiser la route du lion blanc porte bonheur ». En 2005, deux lionceaux au pelage blanc et aux yeux bleus sont nés dans un parc zoologique à proximité d'Agen[10] et quatre au parc zoologique de Jurques, près de Caen, le 20 mai 2007, de deux parents blancs également[14]. Le zoo de Beauval dans le Loir-et-Cher fut le premier parc français à présenter un couple de lions blancs au public[15].

    Il y a également des bruits sur l'existence de cas de mélanisme, c'est-à-dire de lions entièrement noirs ; possibles théoriquement, il n'existe néanmoins aucune preuve tangible de leur existence.

     

    Répartition géographique et habitat [modifier]

    Répartition géographique actuelle du lion en Afrique

    Autrefois, le lion devait posséder la répartition géographique la plus étalée de tous les mammifères terrestres. Le lion d'Amérique (Panthera leo atrox) était présent du Pérou à l'Alaska pendant tout le pléistocène supérieur, tandis que des cousins occupaient la Sibérie et l'Europe centrale, et d'autres encore étaient répartis entre l'Inde et l'Afrique du Sud. L'étendue de la répartition perdit toutefois de son importance à la fin de l'ère de glaciation.

    La répartition du lion aux époques historiques, plus restreinte, a cependant été importante. Elle couvrait de grandes parties de l'Afrique, mais aussi l'Europe du Sud ainsi que le Proche-Orient et l'Inde. Jusqu'à l'Antiquité, des lions vivaient encore dans les Balkans, le sud de l'Europe (Panthera leo europaea) ainsi qu'en Anatolie ou au Moyen-Orient, et de nombreux auteurs qui leur étaient contemporains en font rapport (Hérodote, Aristote ou la Bible[16], entre autres). On suppose qu'en Europe, le lion a disparu du fait de l'homme au Ier siècle ap. J.-C..

    Aujourd'hui, sa diffusion est largement limitée à l'Afrique sub-saharienne. Néanmoins, l'extrême sud de l'Afrique ne compte plus de lions depuis les années 1860, époque de l'extinction du lion du Cap (Panthera leo melanochaita). En Afrique du Nord, le lion de l'Atlas (Panthera leo leo) s'est éteint dans les années 1920. Et de la même manière, les populations de lions d'Asie (Panthera leo persica) ont en quasi-intégralité disparu au XXe siècle. Un dernier groupe de survivants s'est toutefois réfugié dans le parc national de la forêt de Gir dans l'état de Gujarat, en Inde où il ne reste qu'environ 300 spécimens. Les populations significatives de lions africains sont localisées dans les parcs nationaux du Kenya, de Tanzanie et d'Afrique du Sud et se fait rare en dehors des zones protégées. Classé comme « vulnérable » par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le lion est exposé à un risque d'extinction.

    Les lions ont une grande capacité d'adaptation et de nombreux habitats différents. L'habitat naturel préféré du lion est la savane, mais il figure aussi dans les forêts sèches et les demi-déserts. On ne le trouve toutefois jamais dans les forêts denses et humides ou les déserts arides. Par conséquent, l'espèce manque naturellement dans les forêts tropicales humides centrafricaines et les déserts les plus secs de l'Afrique du Nord et du Proche-Orient. Les désignations « roi du désert » et « roi de la jungle » sont ainsi, en réalité, fausses.

     

    Mode de vie [modifier]

     

    Comportement social [modifier]

    Une lionne à la recherche d'un gibier

    Contrairement aux autres fauves, plutôt solitaires, les lions vivent dans des troupes, qui sont des unités sociales permanentes, composées de femelles apparentées entre elles, de mâles non apparentés aux femelles et de leur progéniture. La dimension du territoire et le nombre de proies déterminent la dimension du groupe qui varie de 3 à 30 individus. Il y a habituellement dans le groupe un à sept mâles adultes et d'une à dix-huit femelles. Le territoire d'une troupe couvre 20 à 500 km². Dans le parc national du Serengeti en Tanzanie, la densité des lions peut atteindre un individu par km². Dans l'ancien cratère du Ngorongoro, le nombre maximum d'individus est de 1,6 à 2,4 au km². Les frontières de leur territoire sont délimitées par leurs crottes et leur urine, qui sont une « revendication » des propriétaires et indiquent qu'il y a défense de pénétrer dans la zone. Ils grattent également la terre avec leurs pattes avant et arrière, déposant sur la terre une substance sécrétée par des glandes situées dans leurs coussinets[17].

    Les jeunes mâles restent environ deux à trois ans dans le groupe, jusqu'à ce qu'ils aient atteint leur maturité sexuelle. Ils sont ensuite chassés par le lion dominant. Les femelles par contre passent généralement toute leur vie dans le groupe de naissance et s'y reproduisent. Ceci permet d'éviter la consanguinité.

    Quand les jeunes mâles ont été chassés du groupe par leurs pères, ils deviennent nomades et forment ensemble une « coalition », parfois rejoints par d'autres jeunes mâles. Le lien entre les mâles est très fort. Les jeunes mâles parcourent ensemble des distances très importantes, ne respectent pas les frontières des territoires, mais ne fondent pas leur propre territoire. Puisque les mâles ont très peu de succès à la chasse, comparativement aux femelles, les jeunes nomades se nourrissent surtout de charognes.

    De telles coalitions de jeunes mâles vont essayer de prendre la tête d'une troupe en évinçant les mâles résidents de la troupe. Toutefois, cela n'est pas toujours une réussite. De telles luttes sont généralement sanglantes, et il n'est pas rare qu'elles s'achèvent mortellement. Si les vieux mâles du groupe perdent la lutte, ils sont chassés et mènent ensuite une vie de solitaires. Souvent, ils meurent des conséquences de leurs blessures. Si les nouveaux venus gagnent, ils en viennent fréquemment à l'infanticide, c'est-à-dire qu'ils tuent les petits de leurs prédécesseurs. Ce comportement autorise les femelles à retrouver, après un bref moment, un œstrus car les femelles allaitantes n'en ont pas. Les mâles peuvent ainsi s'accoupler plus tôt et assurer leur propre descendance. Ce comportement est adaptatif : en effet, la compétition est rude entre les coalitions de mâles et de jeunes mâles viendront bientôt essayer de les détrôner pour prendre à leur tour la tête du groupe. Les mâles n'ont donc pas de temps à perdre et ils doivent tenir à la tête du groupe jusqu'à ce que les lionceaux soient assez grands pour être épargnés. Les mâles restent rarement plus de trois ou quatre ans à la tête du groupe, et n'ont donc pas le temps d'attendre que les portées des prédécesseurs soient devenues adultes pour se reproduire. Il arrive fréquemment que les femelles attaquent le mâle assassin[18].

    En général, les lions ne pratiquent pas de toilettes mutuelles complètes, seul le dos du nez est nettoyé ; mais lors de salissures grossières, comme par exemple par le sang des proies, il peut arriver qu'un membre effectue des soins de fourrure.

     

    Communication [modifier]

    Deux jeunes lions grognant

    Les lions communiquent entre eux par de nombreux moyens. Ce sont des animaux sociaux, nous l'avons vu, et de ce fait la communication est plus importante pour eux que pour les autres félins et est ainsi plus développée. Leur communication vocale se compose de grognements, grondements, sifflements, gémissements, miaulements, et du célèbre rugissement. Leur os hyoïde n'est que partiellement ossifié, c'est cette disposition qui leur permet de rugir, mais de ce fait, ils ne sont pas en mesure de ronronner à proprement parler ; mais ils le font, comme d'autres fauves, par expiration. On l'entend quand deux lions agissent l'un sur l'autre sur une base amicale. Le ronron ne retentit pas comme celui d'un petit chat, mais plutôt comme un grognement ou un ronflement grave. Le rugissement a diverses significations, selon la situation dans laquelle il est employé. Rugir est employé pour délimiter le territoire, appeler les autres membres du groupe, intimider les rivaux et renforcer le lien « familial » entre les membres du groupe. Les rugissements du mâle sont plus forts et plus profonds que ceux de la femelle. Par une puissante expiration, les lions rugissent, rentrant leurs flancs et gonflant la poitrine, souvent dans un bas grondement commençant par quelques bas grognements et gémissements, qui indiquent à d'autres lions qu'un groupe vit dans le secteur, et de rester en dehors du territoire. Par une nuit claire, il peut être entendu jusqu'à huit kilomètres de distance. Un fort rugissement furtif est souvent entendu lors d'un combat entre deux individus. Les femelles emploient un bas grognement pour appeler leurs petits.

    Le langage corporel est d'égale importance. Tous les lions nous semblent plus ou moins identiques et il est bien souvent difficile de différencier deux lions et plus particulièrement deux lionnes. Les lions ont le même problème que nous. De ce fait, il est important que les lions aient un air de confiance en saluant d'autres membres du groupe. Si un membre montre la moindre appréhension en saluant un autre lion, alors ce dernier peut se sentir menacé, penser que ce lion est un étranger et l'attaquer. Les lions ont un cérémonial complexe de salutation au cours duquel ils gémissent doucement l'un et l'autre, balancent la tête latéralement et gardent la queue levée vers le haut, voire même posée sur le dos de l'autre lion. Comme certains autres chats, les lions se cognent la tête en se saluant. Le lèchement de la tête, des épaules et du cou est également un signe d'affection. Les lions, tout comme d'autres chats sauvages, ont les oreilles noires avec de grands cercles blancs sur leur dos. Ces grands cercles blancs permettent d'indiquer l'humeur : quand ils sont fâchés, les lions et d'autres carnivores étendent leurs oreilles à plat contre leur tête. Il est difficile de dire si un félin est fâché à distance, mais si vous voyez les cercles blancs clignotant, vous pouvez savoir à distance que ce dernier est furieux et qu'il vaut mieux ne pas s'en approcher. Cela permet d'éviter beaucoup de combats[5].

     

    Reproduction [modifier]

    Accouplement

    Les lions atteignent leur maturité sexuelle et sociale à l'âge de trois ou quatre ans[19], leur maturité physiologique à 30 mois pour les mâles et 24 mois pour les femelles[20]. Il n'y a pas de saison de reproduction définie. Pour vérifier la fécondité d'une femelle, le mâle utilise l'organe de Jacobson, se situant sur le palais, sous la surface intérieure du nez. Pour ce faire, le lion relève la lèvre supérieure et ouvre la gueule. Ce processus est qualifié de flehmen.

    Même si un mâle arrive au sommet de la hiérarchie, il ne peut se reproduire avec une femelle qu'avec son consentement. C'est en tournant autour de lui, en se roulant à ses pieds, en frottant sa tête contre son cou, que la femelle provoque le mâle dominant. Elle se met à plat ventre et relève la croupe ; cette position, appelée lordose, permet au mâle une meilleure pénétration. Pendant l'accouplement, le lion garde la nuque de la femelle dans sa gueule et la mord au cou. Cela la garde instinctivement calme ; en effet comme pour les autres félins, les copulations sont douloureuses pour la femelle car le pénis du mâle est garni de protubérances épineuses et lorsqu'il se retire, elle proteste en rugissant. Étonnamment, cette souffrance est nécessaire, car elle déclenche la ponte des ovules qui seront fécondés par les spermatozoïdes[5],[21]. Si une lionne accepte de se reproduire, ils s'accoupleront toutes les 15 minutes et ce, jusqu'à 50 fois par jour, auquel cas chaque rapport dure environ 30 secondes, jusqu'à ce que l'œstrus de la femelle, qui ne dure que quatre jours[20], soit terminé[22].

    Après une gestation d'environ quatre mois[23], la lionne, cachée loin du groupe, met au monde un à quatre[20] petits lionceaux aveugles de 1,1 à 1,37 kg[20] et de 50 cm[réf. nécessaire] de haut. Durant six à huit semaines[réf. nécessaire], ils ne seront qu'allaités par la mère dans la cache par ses quatre glandes mammaires. Si cette dernière est assez éloignée du groupe, la mère ira seule à la chasse. Il peut arriver que les petits restent jusqu'à 48 heures seuls dans la cache ce qui peut s'avérer dangereux, particulièrement à cause des hyènes et de bien d'autres prédateurs. Après trois à quatre semaines[20], la lionne amène ses petits dans le groupe et ils se mêlent à d'autres lionceaux. Les problèmes d'acceptation sont rares.

    À partir de ce moment, les jeunes lions tètent non seulement leur mère, mais également les autres lionnes, de sorte que l'éducation incombe à toutes les femelles du groupe. Vers l'âge de six mois, [24] les lionceaux sont sevrés ; ils restent encore environ deux ans[20] auprès de leur mère.

    La durée de vie d'un lion s'élève de douze à quatorze ans à l'état sauvage, rarement plus de vingt ans[20]. Toutefois seules les femelles atteignent un tel âge. Les mâles sont généralement tués par un plus jeune concurrent ou, après une longue errance, ne trouvent plus de groupe et meurent de faim. Quelques lions ont toutefois vécu en parc zoologique jusqu'à l'âge de 29 ans[20].

    Certains observateurs ont rapporté que deux mâles ou femelles pouvaient également interagir entre eux et montrer des signes d'homosexualité. Dans la nature, environ 8% des rapports sexuels se font entre mâles, tandis que les activités entre femelles ne sont toutefois observables qu'en captivité [25],[26].

     

    Reproduction et cannibalisme [modifier]

    Seuls les mâles au sommet de la hiérarchie peuvent se reproduire, car le dominant a pleine autorité sur le harem. Mais cette période ne dure en moyenne que deux à quatre ans[22]. Or, chaque femelle n'élevant qu'un seul petit à la fois, un mâle dominant nouvellement arrivé au sommet de la hiérarchie ne peut pas se permettre d'attendre jusqu'à deux ans avant de pouvoir s'accoupler ; il court donc fortement le risque d'être détrôné lorsque ce moment arrivera. Pour rendre des femelles fécondables, il n'hésitera donc pas à tuer des petits[24] ; il consomme également les cadavres afin de dissimuler son acte[réf. nécessaire].

     

    Alimentation et chasse [modifier]

    Bataille pour la proie
    Jeune éléphant ayant été la proie de lionnes à Savuti
    Un lion et un lionceau dévorant un buffle

    Le lion est considéré comme le « roi des paresseux », mais c'est une idée reçue provenant du fait qu'il ne chasse que tous les trois à quatre jours[réf. nécessaire], généralement dans l'obscurité ou aux heures fraîches du matin ; l'obscurité et les températures plus clémentes constituent un avantage important. De plus, la sieste diurne, au moment où il fait le plus chaud, dure environ vingt heures[réf. nécessaire] par jour et permet de faciliter la digestion des grandes quantités de viande ingurgitées (Son alimentation carnée le rend particulièrement sensible à la grande chaleur). Il consomme en moyenne 7 kg de viande par jour[22]. Toutefois, si la chasse a été bonne et s'il a manqué quelques repas, il peut avaler jusqu'à 30 kg de viande[réf. nécessaire] en une seule fois. Les lions ne chassent que lorsque leur réserve de nourriture est épuisée.

    Les proies principales sont les ongulés de moyenne et petite taille :

    • grandes antilopes (cobe de Lechwe, cobe à croissant, grand koudous, hippotrague noirs, oryx gemsboks, élands, topis, bubales, gnous) ;
    • antilopes naines (ourébis, dik-diks, steenboks).

    Il chasse aussi des buffles, phacochères, zèbres, girafes, lapins, oiseaux et quelquefois poissons. Dans certaines régions, des lions se spécialisent même pour un type de proie précis. Ainsi des groupes importants de lions, d'environ 30 individus, attaquent régulièrement des éléphants adultes. À Savuti et à Linyanti, il arrive même qu'ils s'attaquent à des hippopotames.

    Mais généralement la plupart des hippopotames, rhinocéros, éléphants et antilopes sont trop rapides pour lui : les springboks, les impalas peuvent courir à une vitesse maximum de 80 à 90 km/h, les gazelle de thomsons peuvent courir à une vitesse maximum de 70 à 80 km/h, les lièvres et les autruches peuvent courir à une vitesse maximum de 73 km/h. Pour les lions, de nombreux animaux de la savane sont plus rapides ou trop imposants de par leur stature ; ils fuient généralement les éléphants et rhinocéros en colères.

    Vers l'âge de deux ans, les lionceaux apprennent l'art de la chasse et partent à trois ans avec leur mère chasser une première fois.

    Les lionnes sont les plus rapides et peuvent sprinter jusqu'à des vitesses de 58 à 65 km/h[27]. Une ou plusieurs lionnes et parfois un lion chargent à une vitesse de 40 à 60 km/h[28] mais cette vitesse ne peut être maintenue que peu de temps, sur une distance maximale de cent à deux cents mètres [réf. souhaitée]. Ils doivent cependant en temps normal se jeter à quelques mètres sur la proie.

    Dans la savane, milieu ouvert, les lions sont facilement repérables par leurs proies. De plus, un animal vigoureux peut venir à bout d'un chasseur solitaire. Un jeune buffle du Cap a été observé luttant avec une lionne pendant 90 minutes pour ne perdre finalement que sa queue. La chasse à deux ou à plusieurs offre donc de meilleures chances de succès et permet des prises imposantes. Les lionnes assurent de 80 à 90 % des prises lors de la chasse. Les mâles, plus lourds, moins rapides et plus facilement repérables par leur corpulence et leur crinière, sont moins efficaces.

    Les lionnes et les lions utilisent des techniques différentes selon le terrain, leurs préférences et les méthodes de défense des proies. La lionne chasse en général à l'aube ou au crépuscule, ou encore à la faveur de la nuit. À l'affût, tapie derrière les hautes herbes, elle attend qu'un animal ait baissé la tête pour brouter, manifeste des signes d'inattention ou se trouve en position isolée. Elle risque alors une approche discrète jusqu'à 30 mètres environ, puis elle charge et projette violemment sa proie à terre. Pesant de tout son poids sur elle, elle la saisit à la gorge. Trachée et œsophage sectionnés, la victime meurt en quelques minutes. Les lionnes maintiennent souvent leur proie par le museau jusqu'à ce que celle-ci étouffe.

    Lorsqu'elles chassent en groupe, les lionnes encerclent la proie, voire le troupeau, et s'en approchent ensemble ; elles rampent à plat ventre souvent sur plusieurs centaines de mètres jusqu'à leur proie, auquel cas l'environnement est utilisé le plus intelligemment possible pour se camoufler. Plus elles s'approchent de la proie, plus elles ont été vigilantes quant au camouflage. Lorsqu'une distance d'environ 30 mètres est atteinte, alors la proie est chargée. Chaque bond fait environ 6 mètres de long et peut atteindre le double en longueur et quatre mètres en hauteur[29]. La proie est alors tuée par une forte morsure à la nuque ou au cou de façon à atteindre la veine jugulaire ou la carotide.

    Comme les lionnes chassent dans des espaces ouverts, la chasse commune augmente la chance de frapper avec succès une proie. Elles se renvoient aussi la proie entre elles. En outre, la proie dans le groupe peut être défendue plus facilement contre des voleurs comme les lycaons et les hyène tachetées. Seuls 20 %[réf. nécessaire] des tentatives de chasse sont couronnées par un succès. Les lionnes sont les seuls félins qui chassent en groupe.

    Le pourcentage de tentatives réussies varie également selon l'espèce pourchassée : environ 14 % s'il s'agit d'antilopes (damalisques, cobes, koudous, élands, bubales, oryx), 38 % pour les zèbres et les gnous et 47 % pour les phacochères. La chasse nocturne se solde par 33 % de succès, contre 21 % pour la chasse diurne, et les attaques dans les buissons (41 %) ont 3,5 fois plus de chances de réussir que les attaques en terrain découvert (12 %) - d'après des études [30]. En période de sècheresse, les lions mangent même des animaux morts de maladie ou des restes d'autres prédateurs. Dans le parc du Serengueti en Tanzanie, lorsque la plupart des ongulés ont migré à la recherche d'herbes tendres et d'eau, les lions s'attaquent aux animaux sédentaires : girafes, phacochères, petits mammifères (antilopes naines, lapins), oiseaux, serpents ou jeunes crocodiles. Les nuits de saisons sèches, les lionnes chassent parfois les impalas, ces antilopes sédentaires très rapides et vigilantes la journée, qui vivent dans un milieu boisé. La nuit tombée, la vue nocturne des impalas est moins bonne que celles des félins, alors les impalas sont moins rapides et moins vigilants.

    Les mâles du groupe ne participent qu'exceptionnellement à la chasse, par exemple si des proies très grandes sont attaquées comme des buffles, des girafes ou des éléphants pré-adultes ; leur principal rôle est de protéger la troupe des autres lions. Après un succès, la hiérarchie du groupe entre en application : le mâle peut manger en premier (c'est la fameuse « part du lion ») ; suivent ensuite les femelles haut-placées et enfin les petits. Il y a rarement, auprès du cadavre, des luttes de rang où les membres du groupe s'infligent d'importantes blessures.

    Souvent, les lions sont amenés à manger des charognes. Les lions mâles qui ont été chassés d'un clan sont contraints de se nourrir exclusivement de ce type d'alimentation. Cela les amène à chasser de leur butin d'autres animaux charognards comme les léopards ou les guépards. Souvent, le lion doit aussi chasser les hyènes tachetées de leur proie, et non l'inverse, comme on le croyait autrefois. Cela va même si loin dans quelques secteurs de l'Afrique orientale que les hyènes se font voler 70%[réf. nécessaire] de leur butin de chasse par les lions. Parfois, suite à un combat, le lion meurt de ses blessures infligées par les d'autres mâles ; il peut aussi mourir de faim.

     

    Relations interspécifiques entre prédateurs [modifier]

    Les relations entre lions et hyènes tachetées dans les zones où ils coexistent sont uniques dans leurs complexités et leurs intensités. Les lions et les hyènes sont au sommet de la chaîne alimentaire, se nourrissant des mêmes proies, et sont donc en concurrence directe. À ce titre, ils luttent souvent pour se voler et à l'occasion se tuer. Bien que la réputation des hyènes d'être des charognards opportunistes profitant de la chasse du Lion, le cas inverse est très fréquent. Au cratère du Ngorongoro, la population des hyènes dépasse de beaucoup celle des lions résidents, aussi ces derniers obtiennent une grande partie de leur nourriture en volant les proies des hyènes. La querelle entre les deux espèces ne dépassent cependant pas une simple bataille pour l'alimentation, c'est en fait la limite des territoires respectifs qui fixe les limites de ces conflits car contrairement aux autres espèces, les territoires ne se chevauchent pas, comme si les groupes de hyènes et de lions appartenaient à la même espèce. Cependant, les mâles sont très agressifs envers les hyènes, ils les tuent quand ils le peuvent, quelque fois sans les manger. Inversement les hyènes sont les principales prédatrices des lionceaux, harcelant les lionnes[31].

    Les lions dominent les félins plus petits que lui comme les guépards et les léopards. Ils volent leurs proies et tuent leurs petits, tuent quelquefois même l'adulte. Un guépard a 50% de chance de perdre sa proie vis-à-vis d'autres prédateurs[32] et les lions sont les principaux prédateurs de ses petits, on estime même à 9 petits sur dix tués par un lion dans ses premières semaines de vie. Pouvant survivre avec de petites proies et grimper dans les arbre, les léopards souffrent moins de cette prédation[33].

    Les lions sont également en concurrence avec les crocodiles du Nil, et il arrive, en fonction des tailles respectives que l'un ou l'autre se mange. Des lions ont été vus tuant des crocodiles[34] et des morceaux de lion ont été trouvés dans des estomacs de crocodile[35].

     

    Relation avec l'homme [modifier]

     

    L'homme et la chasse au lion [modifier]

    Mosaïque de la chasse au lion de Péllas
    Lion tué lors d'une chasse royale en Assyrie, VIIe siècle av. J.-C.

    « Aussi longtemps que les lions n'auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur. »
        — Proverbe africain

    Depuis l'Antiquité l'homme chasse le lion. C'est d'ailleurs, lorsque l'animal est adulte, son seul prédateur (les lionceaux laissés seuls peuvent être la proie des léopards, des hyènes ou même de lions étrangers au groupe). L'homme chasse le lion pour assurer la sécurité de ses troupeaux, pour se protéger, mais aussi comme preuve d'un signe extérieur de vaillance[36] ou même pour les spectacles que constituaient les jeux romains. Dès lors, les chasses et les battues ont fait disparaitre bon nombre de sous-espèces. L'invention de l'arme à feu et de la « chasse sportive », va accélérer le processus, au rythme de la disparition des autres gros mammifères, les Big five.

    En Afrique de l'Est, dès les années 1900, des mesures de protection, qui consistèrent en la création de réserve de chasse comme le Parc national de Kilimandjaro et à une interdiction de chasser dans ces zones, ont été prises. Le droit de tuer s'achetant, le coût limitant les prises par une sorte d'enchère calculée sur les demandes passées. Les chasses rituelles continuent également et il n'est pas rare de voir des lions mutilés. Les chasses rituelles pratiquées se terminent par la vente des trophées, liant cette pratique à des intérêts économiques. Le Kenya Wildlife Service rapporte qu'entre 1999 et 2003, 49 lions ont été tués par les Masaï. Les populations de lion ont continué à chuter si bien que dans les années 2000, cette méthode de gestion de la faune a été remise en cause. En effet, la population totale des lions africains passe de 50 000 spécimens à 15 000 (au pire) au cours des années 1990[37]. La chasse, le braconnage et la diminution des aires sauvages rendent l'espèce vulnérable si bien qu'il a fallu prendre de nouvelles mesures de protection. Les lions de cirques, ceux destinés au domptage et aux zoos ne sont plus prélevés dans la nature. La chasse traditionnelle et le braconnage sont combattus. La chasse sportive au Botswana est interdite en février 2001 par le service de gestion de la faune locale bien que, avec 53 trophées comptabilisés en 2000, la chasse ait rapporté 5 millions de dollars à l’industrie de la chasse et 100 000 dollars aux caisses de l’État[37]. La « taxe d'abattage » se situant autour de 80 000 euros contre 3 000 pour un guépard[38]. L'office de la gestion de la faune zambienne a lui-même pris une mesure d'interdiction la même année[37]. En Afrique du Sud, près de 300 éleveurs élèvent environ 5 000 lions pour la chasse ; 480 lions, dont 444 élevés en captivité, ont été chassés dans le pays, pour un prix variant de 6 000 à 8 000 dollars la femelle et de 20 000 à 30 000 dollars le mâle[39]. Une loi viserait à interdire cette pratique.

    En Asie, le lion a pratiquement disparu depuis le milieu du XIXe siècle à l'état sauvage, autant par la chasse que par la réduction de son habitat.

     

    Conséquence de la réduction de l’habitat [modifier]

    Les maladies représentent un autre problème, surtout dans le Parc national Kruger en Afrique du Sud. Depuis qu'en 1995, un premier cas mortel de tuberculose est apparu chez les lions, des études approfondies ont été menées dans le parc. D'après le bilan, le taux de contamination des animaux du secteur sud du parc par les bactéries mortelles s'élevait à plus de 90%. L'infection venait des buffles chassés par les lions qui, par contact avec des bovins domestiques, ont introduit la maladie dans le parc et contaminé les lions. Environ 70 % des bovins souffrent d'une tuberculose pulmonaire (phtisie), tandis que chez les lions, la maladie se manifeste surtout dans le système digestif. Les animaux deviennent plus faibles, maigrissent énormément et meurent en quelques années. À côté de la tuberculose, il existe une seconde maladie très fréquente. Environ 60 à 70 % des lions du parc Kruger sont contaminés par le virus de l'immunodéficience féline, qui « paralyse » le système immunitaire de l'animal et ouvre ainsi la voie à la tuberculose. Contre les deux virus exterminateurs, il n'existe aucune vaccination.

    En 1994, un tiers des lions du parc national du Serengeti sont morts suite à la contraction de la maladie de Carré[40],[41] face à laquelle ils sont très vulnérables.

    Actuellement, les populations de lion sont très concentrées car contenues dans des parcs ou des réserves, les autres zones devenant impropres à leur survie en devenant des terres agricoles. La perte de diversité génétique entraine l'apparition de maladie comme on a pu l'observer dans réserve du Hluhluwe-Umfolozi en Afrique du Sud où les 120 lions présents dans les années 2000 descendent de 3 lions des années 1960[42]. Or certains biologistes estiment à 500 à 1000 individus adultes la diversité génétique nécessaire pour qu'une de leur population soit considérée comme viable, c’est-à-dire disposant du minimum de diversité génétique nécessaire à la survie[43],[44],[45]. Peu de ces populations correspondent à ce critère. En 2007, ces populations de lions ne sont pourtant pas considérées comme des populations à risque bien qu'aucune étude sur ce problème ne soit réalisée. Contrairement à d'autres espèces, aucun transfert préventif à grande échelle afin de diminuer le risque de perte du patrimoine génétique, n'est effectué. Cependant, pour résoudre des problèmes ponctuels de la réserve du Hluhluwe-Umfolozi, des tentatives d'insémination artificielle ont été effectuées avec difficulté pour éviter les problèmes d'intégration sociale lié au introduction[42].

     

    Prédation d’humains [modifier]

    Lion de Tsavo naturalisé au Muséum Field de Chicago

    Les lions, en temps normal n'attaquent pas les humains. Il arrive de nos jours que quelques lions attaquent les humains en Afrique ; invariablement, les populations mènent des représailles. Les causes de la prédation d'humains sont systématiquement examinées par des scientifiques. Entre 1990 et 2005, 563 villageois ont été attaqués par des lions, ce qui correspond à une augmentation considérable[46]. Il semble qu'ils n'attaquent que parce que leurs proies deviennent rares. En Tanzanie, ces attaques ont eu lieu dans la réserve du Selous, le district de Rufiji et la région de Lindi où l'homme étend son implantation et où la population des lions augmente grâce aux mesures de protection[46]. Certains lions peuvent également être contraints d'attaquer des humains à cause d'un problème physique, ne pouvant pas attaquer d'autres proies. En 2006, un lion soupçonné d'avoir tué 35 personnes[47] avait un défaut de dents.

    Il a existé quelques lions qui semblaient chercher des proies humaines. Les histoires des traques et des morts de ces rares spécimens appelés mangeurs d'hommes ont été écrites par leurs chasseurs. John Henry Patterson en 1907 a écrit The Man-eaters of Tsavo dont on a tiré plusieurs films comme Bwana le diable en 1952 et L'Ombre et la proie en 1996. Le spécimen de Mfuwe est aussi connu.

     

    Protection [modifier]

    Approximativement 16 500 à 30 000 lions vivent encore en liberté[2]. L'IUCN est partie en 2004 du principe que le nombre de lions a diminué dans le monde entier au cours des vingt dernières années de 30 à 50%. Les raisons de ce recul ne sont pas complètement connues. On suppose que la réduction du gibier chassé par le lion, les conflits entre l'homme et le lion et la dégradation de son habitat sont les principales raisons de la diminution des populations de lions. À travers l'Afrique, le lion a disparu sur plus de 80% de son ancien territoire. Le lion africain est considéré comme « vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées de l'UICN, en raison de la baisse constante de l'effectif de cette espèce. En Afrique de l'Ouest, le nombre des lions est inférieur à 1 500. Cette espèce répond au critère de « menacée au niveau régional ». Il n'y a plus que 200 à 300 exemplaires en Asie, gravement menacés par la perte de leur patrimoine génétique.

    Les nouvelles stratégies de protection du lion visent à renforcer les chances d'une coexistence pacifique à l'avenir entre les lions et les hommes : une exploitation des terres intégrée avec la faune, une réduction des conflits entre l'homme et le lion et la prévention du commerce illégal du lion et de ses produits dérivés. L'avenir de ces « gros chats » semble déjà sur une meilleure voie dans quelques grandes réserves de l'Afrique du Sud et de l'Est tandis que très précaire en Asie ; afin de palier ce dernier point, le gouvernement indien a mis en place dans les années 2000 un projet de réintroduction du lion dans le Kuno Wildlife Sanctuary : l'Asiatic Lion Reintroduction Project.[48]

     

    Le lion en captivité [modifier]

    Les lions vivent en captivité depuis l'Antiquité, sur des périodes ponctuelles. Les romains les utilisaient dans leurs Jeux par exemple. Il y a des lions en permanence en occident depuis la création des Ménageries, ancêtres des parcs zoologiques, au XVIIIe siècle. Le premier lion fut d'ailleurs exhibé à Boston en 1716. En outre, les activités de divertissement, comme le domptage dans les cirques ou même les combats de lion, nécessitent la mise en place d'élevages. Les lions se reproduisent très bien en captivité et peuvent y vivre une vingtaine d'années, le record étant actuellement détenu par une lionne du zoo d'Honolulu née en 1986[49].

     

    Historique [modifier]

    Les monarques assyriens en élevaient au IXe siècle av. J.-C.[50] et Alexandre le Grand, selon la légende, vivait avec des lions apprivoisés par les Malhi du nord ouest de l'Inde[51]. Plus tard, les Romains organisateurs des jeux en conservaient. Ainsi des romains célèbres comme Sylla, Pompée, Jules César, ont ordonné la capture de centaines de lion à la fois[52]. Marco Polo rapporte que les princes indiens continuaient à en apprivoiser et que Kublai Khan gardait même des lions à l'intérieur de ses habitations[53].

    William de Malmesbury rapporte lui que des lions ont été conservés en Angleterre, à Woodstock par la volonté d'Henri Ier[54], le lion étant présent sur les héraldiques anglaises.

     

    Les zoos [modifier]

    Flehmen de Lion au zoo de Melbourne

    L'espèce est considérée, comme les tigres ou les requins, comme attracteur du public[55], ils sont donc très présents dans les parcs zoologiques. Aussi les 2000 zoos actuellement existant détiennent environ 1000 lions africains et 100 lions asiatiques dans les années 2000. Ils permettent de sensibiliser le public à l'environnement et à la conservation de ces espèces[55].

    Des programmes d'échange existent depuis longtemps pour diversifier le patrimoine génétique des lions en captivité, cependant ils ne tenaient pas compte des sous-espèces, créant une pollution génétique au sein des populations de diverses origines. Les programmes actuels commencent à en tenir compte[56] et essaient de ne plus reproduire ensemble des lions de sous-espèces différentes. Le Species Survival Plan est une coordination des efforts en ce sens par l'Association américaine des Zoos et des Aquariums. En 1982, des procédures ont été mises en place en Amérique du Nord pour préserver le patrimoine génétique du lion asiatique. Le volet pour les lions africains a débuté lui en 1993, plus particulièrement pour la sous-espèce sud-africaine. La plupart des individus détenus sont cependant d'origine incertaine, ce qui rend leur réintroduction impossible[57].

    La sous-espèce du lion de l'Atlas, la plus spectaculaire car la plus grande, n'est existante qu'à travers d'animaux détenus par des zoos. On peut en apercevoir douze au Port Lympne Zoo dans le Kent, au Royaume-Uni. Ceux-ci descendent tous d'animaux ayant appartenu au roi du Maroc. Onze spécimens, considérés comme des lions de l'Atlas, sont également détenus par le zoo d'Addis-Abeba, un spécimen est identifié au Neuwied Zoo[58], quelques spécimens au zoo d’Amnéville[59]. La WildLink International, en collaboration avec l'Université d'Oxford, ont lancé un programme international ambitieux d'élevage conservatoire appelé Barbary Lion Project et qui vise à identifier et à reproduire ces lions afin de les réintroduire dans un parc national du Maroc[58],[59].

     

    Les spectacles de lions [modifier]

    Lithographie de dompteur de 1873

    Les combats d'animaux générant des paris, étaient courant au XVIIIe siècle. Des combats entre lions et chiens en général ont été organisés à Vienne en Autriche à partir de 1800 et en Angleterre à partir de 1825[60],[61].

    Les pionniers du domptage sont Henri Martin, un français, et Isaac Van Amburgh, un américain. Ils ont commencé au milieu du XIXe siècle et leurs techniques ont été très rapidement copiées[62]. Martin créera lors du troisième Cirque Olympique à Paris en 1831, une pantomime à grand spectacle, abrité derrière un grillage, appelée « Les Lions de Mysore » avec ses lions Néron et Cobourg, son tigre Atyr. Isaac Van Amburgh fit une tournée en Angleterre, devant la reine Victoria. Il copia rapidement le spectacle du français. Plus que le traditionnel domptage de chevaux, le domptage de fauve voulait marquer la supériorité humaine sur les forces brutes naturelles[62]. Jean-Baptiste Pezon est un autre dompteur de lions célèbre. Clyde Beatty est probablement le premier dompteur à avoir utilisé le support surélevé sur lequel les fauves viennent s'asseoir[63].

    Cette tradition est toujours vivace, certains dompteurs actuels comme le groupe Siegfried & Roy sont toujours célèbres.

     

    La détention de lions [modifier]

    Certains individus ou entreprises privées élèvent des lions, leur détention est soumise pour de nombreux pays à des autorisations spécifiques. Biens souvent ces animaux sont détenus dans des conditions ne permettant pas leur bien être du fait entre autres du manque d'espace[64]. En France, régulièrement, des actions de saisie ont été menées par l'administration[65] même si certaines associations les trouvent peu virulentes[66]. L'Inde interdit même la possession de lion depuis 1998[65]. En outre de nombreux animaux s'évadent donnant lieu à des battues qui se soldent souvent par l'abattage de l'animal[67].

    En Afrique, le couple George et Joy Adamson sont célèbres pour avoir élevé et apprivoisé la lionne Elsa, Elsa a été à l'origine de plusieurs livres et documentaires.

     

    Taxinomie [modifier]

    Le lion, tout comme le léopard, le tigre et le jaguar, fait partie du genre Panthera de la famille des Felidae.

     

    Phylogenèse [modifier]

    Schéma du squelette d'un lion des cavernes

    La phylogenèse est l'étude de l'apparition et de la formation d'une espèce grâce à des fossiles. Le plus ancien fossile de lion a été découvert à Laetoli en Tanzanie ; d'après les datations, il aurait probablement 3,5 Ma.

    Panthera leo est identifié pour la première fois en Europe, sur le site italien d'Isernia, par le fossile d'un lion des cavernes primitif (Panthera leo fossilis) âgé de plus de 700 000 ans. Une mâchoire inférieure de lion des gorges d'Olduvai au Kenya, plus vieille de 1,75 Ma, montre des ressemblances frappantes avec le lion des cavernes primitif. Ceux-ci sont considérés comme les plus grands lions d'Europe et ont chassé pendant l'interglaciaire cromérien, il y a plus de 500 000 ans, près de Wiesbaden en Hesse et près de Heidelberg dans le Bade-Wurtemberg. Quelques spécimens étaient presque aussi longs que les plus grands lions de l'histoire de la Terre, les lions américains (Panthera leo atrox) de Californie qui ont atteint un record de longueur : jusqu'à 3,60 mètres de long avec la queue (longueur hors queue, environ 2,40 mètres).

    La plupart des découvertes de lions en Europe sont des lions des cavernes (Panthera leo spelaea) ; apparus lors de la période glaciaire de Mindel, ils correspondent à une évolution des lions des cavernes primitifs. Bien qu'il ne soit spécialement apparenté avec aucune des sous-espèces actuelles, les études sur l'ADN ont confirmé que le lion des cavernes était un lion authentique[68]. Une autre sous-espèce a vécu, quant à elle, en Asie nord-orientale, en Béringie (au niveau de l'actuel détroit de Béring), appelée lion de Sibérie orientale et de Béringie (Panthera leo vereshchagini). En Europe centrale, Asie du Nord et en Amérique, les lions étaient, jusqu'à la fin du Pléistocène, une espèce fréquente de la faune locale, mais disparurent à la fin de la dernière période de glaciation.

     

    Sous-espèces [modifier]

    On dénombre environ onze sous-espèces de lions[69], plus cinq sous-espèces disparues à la préhistoire ou durant l'Antiquité. Chaque sous-espèce possède des caractéristiques différentes, celles des lions africains sont en général semblables.

     

    Les sous-espèces « modernes » [modifier]

    Lion asiatique à Bristol
    • Le lion de l'Atlas (Panthera leo leo), encore appelé lion de Barbarie vivait en Afrique du Nord et avait manifestement une crinière particulièrement importante. La chasse excessive conduisit en 1922 à la mort du dernier spécimen de cette sous-espèce en liberté qui prospérait jusqu'alors dans le massif de l'Atlas. Certains parcs zoologiques, comme celui d'Amnéville, croisent des lions qui possèdent encore bel et bien en eux du sang de cette sous-espèce disparue. Le ministère marocain chargé des eaux et des forêts a annoncé en 2000 vouloir réintroduire l'espèce sur une dizaine d'années (l'extinction totale étant prévue dans une vingtaine d'années) dans une zone protégée d'une superficie de 10 000 hectares ; fin 2006, il n'y a toujours pas de nouvelles informations sur le sujet : il semble que l'idée ait été abandonnée[70].
    • Le lion du nord-est du Congo (Panthera leo azandica) présent au nord de la République démocratique du Congo, au Tchad, en Centrafrique, au Niger et au Cameroun.
    Lion du Katanga à Leipzig
    • Le lion du Katanga (Panthera leo bleyenberghi) existe encore au Katanga, dans la République démocratique du Congo, en Angola et au Congo.
    • Le lion du Congo (Panthera leo hollisteri) existe encore en République démocratique du Congo, en Zambie, au Botswana et au Malawi.
    • Panthera leo kamptzi : sous-espèce méconnue découverte par Matschie en 1900[71].
    • Le lion du Transvaal (Panthera leo krugeri) d'Afrique du Sud n'existe pratiquement plus qu'au parc national Kruger. Il existe quelques rares spécimens encore au Lesotho et au Swaziland.
    • Le lion des Massaïs (Panthera leo massaicus) est réparti entre l'Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie et jusqu'au Mozambique.
    • Le lion du Cap (Panthera leo melanochaita) s'est éteint en 1865, chassé à outrance par les Boers et les colons anglais en Afrique du Sud. Il était autrefois présent dans tout le sud de l’Afrique et formait la sous-espèce la plus importante[4]. Mais en 2000, des spécimens de Sibérie se sont avérés être des lions du Cap[72].
    • Panthera leo nyanzae, sous-espèce méconnue découverte par Heller en 1913[73].
    • Le lion d'Asie (Panthera leo persica) est très semblable au lion africain. D'après les recherches biomoléculaires, il se sépara il y a 50 000 à 100 000 ans de son cousin africain. Il possède une crinière moins importante et un pli au milieu du ventre. À cela il faut encore ajouter une pilosité beaucoup plus importante au niveau du coude. Le lion asiatique est en général plus petit que l'africain. Un mâle adulte a une masse corporelle comprise entre 160 et 190 kilogrammes, une femelle entre 110 et 120 kilogrammes. Il s'étendait autrefois sur l'ensemble du sous-continent indien. La taille du groupe est en moyenne moins importante que celle de son homologue africain. Parmi ses proies favorites, nous pouvons citer le cerf axis, le sambar, le sanglier, l'antilope Nilgaut, la gazelle indienne et l'antilope tétracère. Au début du XXe siècle, la sous-espèce semblait destinée à disparaître : il n'y avait alors plus qu'une vingtaine d'individus. La forêt de Gir et ses alentours furent alors déclarés « protégés » et en 1965 fut créé le parc national de la forêt de Gir ; la population put à nouveau augmenter à hauteur de 300 animaux, qui toutefois sont menacés par un territoire bien trop petit (250 km²) et par un fort croisement d'animaux apparentés (consanguinité), qui a mené à la perte de la diversité génétique de ces lions.
    • Le lion du Sénégal (Panthera leo senegalensis), très menacé, s'étend sur l'ouest de l'Afrique du Sénégal au Nigeria.

     

    Les sous-espèces « des cavernes » [modifier]

    Les lions des cavernes sont aujourd'hui tous éteints. Ils vivaient en Eurasie et en Amérique. On peut supposer qu’ils possédaient une touffe de poils noirs au bout de leur queue, tout comme les lions modernes. On pense que, contrairement aux lions actuels, ils chassaient seuls ou en couple. Cela a été prouvé par les lions de Rancho La Brea, en Californie, où les jeunes avaient des dents plus usées que les jeunes lions modernes. Ils ont pu habiter des grottes ou dans des failles pendant l’hiver, en cachant l’ouverture par des branches et de l’herbe sèche pour se protéger du froid, comme les tigres de Sibérie, qui sont adaptés au même climat, le font. L'abri n'était plus nécessaire plus au sud où l’hiver était moins rude.

    • Le lion des cavernes primitif (Panthera leo fossilis) est le lion du Pléistocène inférieur et moyen. Il était autrefois présent dans une bonne partie de l'Ancien Monde.
    Peinture d'un lion des cavernes par Heinrich Harder
    • Le lion des cavernes (Panthera leo spelaea) est le lion du Pléistocène supérieur. Il était présent dans l'Europe entière. L'extinction de ces animaux associés à des milieux ouverts de climat tempéré ou froid est sans doute liée à un changement climatique (et éventuellement à la disparition des proies dont ils se nourrissaient) plutôt qu'à une chasse intensive par les groupes humains. Découvert au XIXe siècle, il a tout d'abord été rapproché des espèces modernes de taille voisine, à savoir les tigres et les lions. En décrivant le crâne type de Gailenreuth, Georg August Goldfuss estima qu'il était distinct des taxons modernes. Il est considéré aujourd'hui comme une sous-espèce indépendante, avec toutefois suffisamment de caractères léonins pour justifier son rattachement à l'espèce Leo. Il s'agit de l'ancêtre direct du lion moderne[68]. Il est possible que les mâles n'aient pas eu de crinière, ou qu'ils en aient eu une très petite et primitive. En effet, les représentations de lion dans l'art paléolithique ne présentent pas de crinière aussi fournie que celle des lions actuels. On ne sait pas non plus s'ils avaient des sortes de taches dispersées sur leur pelage ou bien si leur couleur était uniforme. Le lion des cavernes se distingue des lions actuels par un museau plus court, des oreilles plus petites et une taille beaucoup plus grande ; on pense que les mâles pouvaient être aussi grands et aussi lourds que des tigres, c'est-à-dire 1,50 mètre de hauteur à l'épaule, 4 mètres de longueur et un poids de 400 à 500 kilogrammes.
    • Le lion de Sibérie orientale et de Béringie (Panthera leo vereshchagini) n'existait que dans la province de Yakoutie en Russie, en Alaska et dans le territoire de Yukon au Canada. Une analyse menée sur des crânes fossiles et leurs mandibules montre que ce lion est bel et bien une nouvelle sous-espèce, différente des autres lions préhistoriques à savoir, le lion d'Amérique par une taille supérieure et le lion des cavernes par une taille inférieure[74],[68].
    • Le lion d'Amérique (Panthera leo atrox) était présent de l'Alaska au Pérou pendant tout le Pléistocène supérieur. Ces lions ressemblaient beaucoup aux lions modernes, mais étaient bien plus grands. Ils possédaient un pelage allant du fauve au brun. D'après certaines représentations dans les cavernes, le lion américain aurait possédé quelques rayures, mais bien moins importantes que celles du tigre. La crinière de cette espèce était bien moins dense que celle des lions africains. Selon leur structure anatomique, les lions américains étaient moins agiles que les lions modernes. Ils chassaient alors des animaux moins rapides mais plus robustes, comme le bison, mais leur force et leur poids leur permettaient d’abattre la proie au sol. Ils s’attaquaient également aux chevaux, à des cervidés et même à de jeunes mammouths. Beaucoup de lions ont été retrouvés dans les restes de camps humains datés du Paléolithique, cela laisse penser que les lions étaient chassés par les hommes. Dans l'Idaho, des restes de lion américain ont été retrouvés dans les débris d'une grotte appelée « Jaguar Cave », ils sont datés de 10 300 ans. Plusieurs autres fossiles prouvent que ces lions ont été chassés par les premiers Amérindiens[75].
    • Le lion d'Europe (Panthera leo europaea) s'étendait durant l'Antiquité jusqu'au sud de l'Europe occidentale comme au Moyen et Proche-Orient. On l'assimile souvent (à tort) au lion d'Asie.

     

    Hybrides [modifier]

    Icône de détail Article détaillé : Hybrides Panthera.

     

    La cryptozoologie s'est longtemps intéressé aux Marozis[76], prétendus lions tachetés, à courte crinière qui vivraient dans les hauts plateaux du Kenya. La peau d'un lion de ce genre est gardée encore aujourd'hui au muséum d'histoire naturelle de Londres. Depuis la fin des années 1930, il n'y a plus eu d'apparitions. Aujourd'hui, certains supposent qu'il s'agissait d'hybrides, produits d'un croisement entre un lion et un autre félin.

    Les noms des hybrides sont composés de la première syllabe du père, suivie d'une syllabe de la mère :

    • Le ligre, résultat d'un croisement entre un lion mâle et une tigresse.
    • Le tigron, résultat d'un croisement entre un tigre mâle et une lionne.
    • Le liguar, résultat d'un croisement entre un lion mâle et une jaguar femelle.
    • Le jaglion, résultat d'un croisement entre un jaguar mâle et une lionne.
    • Le liard, résultat d'un croisement entre un lion mâle et une léopard femelle.
    • Le leopon, résultat d'un croisement entre un léopard mâle et une lionne.

    Les mâles sont le plus souvent stériles, à cause de la fragilité des spermatozoïdes, mais les femelles peuvent être fertiles[A 1].

     

    Image du lion chez l'Homme [modifier]

    Icône de détail Articles détaillés : Lion (symbolique), Lion (héraldique), Lion (constellation) et Lion (astrologie).

     

    Lions dans la religion et la mythologie [modifier]

    Les chasseurs du Paléolithique supérieur (Aurignacien) représentaient déjà le lion il y a plus de 30 000 ans. L'homme lion, sculpture d'ivoire de mammouth de près de 30 centimètres de haut, représentant le corps d'un homme surmonté d'une tête de lion des cavernes, compte parmi les œuvres d'art les plus impressionnantes de cette époque, mais également parmi les plus anciennes de toute l'histoire de l'humanité. Elle incarnait peut-être une divinité.

    Dans de nombreuses cultures, le lion a endossé le statut de « roi des animaux ». Cette appellation remonte au Physiologos, bestiaire antique, traitant en particulier de la symbolique des animaux, qui a grandement influencé la culture occidentale, dans lequel le lion souffle dans les naseaux de trois lionceaux mort-nés qui ressuscitent trois jours après.

    La fascination des hommes pour cet animal est visible dans la multiplicité d'écussons sur lesquels il est illustré, au point qu'un proverbe affirmait : « qui n'a point de blason porte un lion ». Ainsi, on le retrouve, entre autres, sur les écussons de Bohême, de Zurich, de Lyon[A 2] ; mais bien qu'il soit considéré comme le « roi des animaux », il est sans autorité sur les oiseaux. C'est cet antagonisme entre l'aigle, seigneur des cieux et symbole du pouvoir impérial, et le lion qui va motiver le choix de faire figurer l'animal sur des armoiries. Qu'il s'est fait connaitre des Européens, remonte au temps où il s'étendait autour de la Méditerranée. Dans la mythologie grecque, les lions apparaissent dans diverses fonctions : Le lion de Némée, représenté comme une bête mangeuse d'hommes à la peau impénétrable, fut tué par Héraclès, durant ses douze travaux. Dans l'histoire d'Androclès, une des fables d'Ésope, le héros, un esclave échappé, retire une épine de la patte d'un lion ; quand plus tard, pour le punir de son évasion, il fut jeté par son maître au lion pour être dévoré, l'animal le reconnut et refusa de tuer l'homme.

    Sphinx de Gizeh

    Dans de nombreuses cultures antiques, le lion jouait un rôle symbolique important. En Égypte, les Pharaons furent représentés par des sphinx, lions à la tête humaine. La plus célèbre de ces représentations est le Grand Sphinx de Gizeh. Sekhmet fut vénérée en tant que déesse, ici à l'inverse, au corps humain et à tête de lionne. De plus, la mythologie égyptienne fait également état du dieu Dédoun, le « Seigneur de Nubie », représenté par un lion à partir du Nouvel Empire égyptien.

    Dans le firmament de l'hémisphère nord, il existe deux constellations nommées pour cet animal : le Lion et le Petit Lion, située juste au-dessus de la première. La première, comme toutes les constellations du Zodiaque, tire ses origines de la Grèce antique. Ainsi, elle fut mentionnée par Ptolémée dans son Almageste et correspondrait au lion de Némée tué par Hercule. Un signe astrologique est associé à cette constellation, également nommé Lion. La seconde constellation a été introduite bien plus tard, au XVIIe siècle.

    Que le lion ait l'image d'un animal fort et courageux[77] s'explique par le fait que jusqu'il y a peu, des hommes de guerre étaient surnommés par son nom. Parmi les plus récents, le seigneur de guerre afghan, Ahmed Chah Massoud était appelé par ses adeptes le « lion du Panshir », l'empereur éthiopien Hailé Sélassié se fit appeler le « lion conquérant de la tribu de Juda ». A contrario, pour Richard Ier d'Angleterre ce ne sont ni sa force, ni son courage, mais ses sauts d'humeur qui lui valurent, en France, d'être surnommé « Cœur de Lion », en référence à l'imprévisibilité de l'animal.

    Dans la tradition judéo-chrétienne, le lion est un animal polysémique. Tantôt il est le substitut positif, comme c'est le cas du lion symbolisant l'évangéliste saint Marc ; ce dernier traita en particulier la Résurrection en trois jours de Jésus-Christ ; les origines du choix de l'animal sont diverses : la légende du Physiologos (faisant également état de résurrections en trois jours), la vision d'Ézéchiel ou encore l'Apocalypse de saint Jean[A 3]. C'est également le symbole de la tribu israélite de Juda. Tantôt le lion a une connotation négative et il est associé au démon, un passage de la première lettre de Pierre faisant référence à Satan qui déambule tel un lion cherchant une proie à dévorer[78]. À l'époque romaine, pendant les persécutions, les chrétiens étaient jetés aux lions ; ceci les connota également négativement et fut à l'origine d'expression comme « être jeté aux lions ».

     

    Littérature et cinéma [modifier]

    Le lion est une figure récurrente en littérature ; Jean de La Fontaine, imitant Ésope, en fit dans plusieurs de ses fables un des personnages principaux (notamment Le lion et le Rat où le félin, impétueux, est opposé au rongeur, petit, faible mais patient). Joseph Kessel, en 1958, en a fait un roman : Le Lion, racontant l'histoire de la fille d'un directeur de parc naturel en Afrique qui est liée d'amitié avec King, un lion de la réserve et qui se voit demander en mariage par un guerrier masaï ; ce dernier, pour conquérir son cœur, veut lui montrer sa valeur en tuant un lion qui se trouve être King. C.S. Lewis dans sa saga du Monde de Narnia utilise le symbole du lion, « roi des animaux », à travers Aslan[A 4], dieu vivant combattant le mal, se sacrifiant pour le salut de son peuple et ressuscitant peu après.

    Le lion est aussi décrit comme une menace pour l'homme comme par exemple dans The Man-eaters of Tsavo de John Henry Patterson en 1907 et dont on a tiré plusieurs films comme Bwana le diable en 1952 et L'Ombre et la proie en 1996. Dans ce sens, il ne peut être que symbolique comme dans le Tartarin de Tarascon d'Alphonse Daudet.

    Dans le cinéma avec, entre autres, le film d'animation à succès de Walt Disney Pictures Le Roi Lion.

     

    Iconographie [modifier]

    Le lion est aussi souvent représenté dans les arts figuratifs. Dans l'art grec c'est un motif des scènes de chasse, le lion de Némée dont la peau est l'attribut d'Hercule. Dans l'art chrétien le lion accompagne parfois Saint Jérôme, ou la force, c'est le symbole de saint Marc Évangéliste (et donc de Venise), de la royauté. Roi des animaux dans le bestiaire médiéval, il est très présent dans l'art monumental et dans l'héraldique.

    Le lion est un animal emblème pour bon nombre de pays comme pour l'Inde.

     

    Utilisation commerciale [modifier]

    La figure du lion est utilisée par de nombreuses marques, non seulement pour le symbole considéré comme positif, mais aussi par récupération. Par exemple, la marque automobile Peugeot utilise comme symbole les armoiries de Sochaux depuis 1847. Ce lion héraldique est déposé en tant que logo depuis 1858. Plusieurs banques utilisent également la symbolique positive liée au lion. Le groupe bancaire ING utilise également un logo sous qui contient un lion, cette fois-ci, orange. La banque LCL, par analogie homophonique (l'acronyme LCL signifiant : Le Crédit lyonnais), utilise d'une manière récurrente des couleurs fauves dans ces publications ainsi que des effigies de lion[réf. nécessaire].